La Congolite Banyamulenge, un Paradoxe

La Congolite Banyamulenge, un Paradoxe

Une « vérité » qui peut déranger autant ?

Plus d’un congolais a été estomaqué d’attendre de la bouche du président de la république citer comme congolais cette catégorie de populations habitant en RDC. Ce qui est surprenant, premièrement, c’est de constater qu’effectivement parler de banyamulenge est sujet sensible vue sous une approche nationale, et, deuxièmement, la confirmation de l’une des tares qui nous caractérise les congolais, celle de moins cultiver l’esprit du goût de la découverte historique nationale, mieux, la connaissance et la recherche de nos haut faits historiques.

Les banyamulenge, un Débat public, sous une vision de l’unicité et d’intégrité nationale, souvent esquivé sous le régime mobutien à travers l’imposition d’un homme fort de son temps à n’agir comme tel et faire avec ; resurgira ensuite sous le label AFDL mais tout de suite estompé par la mort de sa figure emblématique qui était LD Kabila qui en avait beaucoup compris… et qui depuis (sujet sur le banyamulenge), par la magie du dialogue de sun city, était devenu punissable dès que vous osez tenter d’en parler du fait qu’est considéré comme cliché, stigmatisant sous le régime Kabila fils. Jusqu’à ce qu’à ce jour, sous le régime de l’UDPS à la tête de la nation, s’invite encore et pour longtemps semble-t-il du fait qu’il est désormais assimilable au sujet des minorités lors des élection américaines.

En clair, il y’a peu, qualifier ou parler d’un individu rwandais -ainsi est qualifié les banyamulenge en rdc- était jadis considéré comme de la xénophobie.

Mais pourquoi si souvent, alors que les années passent, mais ne semblent point aptes d’emporter à l’usure ce vieux démon de la rage que draine ce terme banyamulenge en RDC et sa population ?

Nous n’allons nous retourner que 50 ans en arrière où le zaïre d’alors ignorait qu’un acte que son président prenait, drainera 20 ans plus tard le pays dans une phase historique et juridique à plusieurs conséquences fâcheuses, et ça risquerait d’être pour longtemps si on ne saurait solutionner définitivement et maintenant.

BISENGIMANA Barthélémy, un nom à savoir

Politiquement, après l’indépendance, tout débute par la nomination d’un brillant monsieur 100% tutsi rwandais d’origine, en 1969, premier ingénieur civil en électricité de la faculté de polytechnique de la célèbre Université de Kinshasa, je cite BARTHÉLÉMY BISENGIMANA devenu RWHEMA BISENGIMANA par le fait de la zairianisation, comme directeur du cabinet à la présidence de la République.
Et il y restera pendant 8 ans.

Une loi à problème qui planta le décor de 49 ans de tourments inédits

Et c’est grâce à son influence qu’en 1971, 2 ans après sa prise de fonction, pendant que le parlement était en vacance, que le président ordonna une loi (Ord. Loi n°71-020 du 26 mars 1971) qui octroya une nationalité collective aux populations de Rwanda-Urundi émigrées en RDC qui, visiblement, avouons le, sans tenir compte de tout ce qui pourrait s’en suivre comme conséquence historique, foncière et politique surtout. Puisqu’à ce jour, le germe des conflits est tributaire de ces éléments.

Alors qu’était congolais qu’un individu dont l’un des ascendants était ressortissant d’une ethnie qui constituait, ce qui est devenu l’actuel RDC, l’État Indépendant du Congo, EIC, en 1885 (1ère constitution de la RDC), cette nouvelle loi couplée à la loi foncière sous le contexte de la zairianisation viendra compliquer sérieusement les choses : troubler la quiétude des autochtones du nord et sud Kivu où vivent le groupe de populations banyamulenge et raviver une tension passée entre les autochtones et ce peuple qui, déjà avant l’indépendance, ont tenté de s’imposer coutumierement sur le sol où ils étaient accueillis. Et en son temps, une mission onusienne était dépêchée sur place quant à ce avait conclu à l’avantage des autochtones.

Par cette obtention collective de la nationalité, les autochtones verront certains dignitaires banyamulenge récupérer des terres d’anciennes plantations coloniales et de droit s’affranchir légalement des eus et coutumes des autochtones; conférer une assise politique grâce à une forte démographie dans certains endroits aux kivu (rutshuru et les haut plateaux) modifiant surtout les équilibres locaux électoraux… ce qui avait frustré énormément les autochtones.

C’est le 8 juin 1981 que le Comité central, organe important du MPR abrogea cette ordonnance-loi par une décision équivalente que le parlement de l’époque « ratifiera » plus tard par la nouvelle loi sur la nationalité congolaise (loi n°1981/002 du 29/06/1981. Et ainsi la frustration changera de camps pour gagner, cette fois-là, les banyamulenge qui saisiront même en son temps le secrétaire général des Nations-Unies et celui de l’OUA qualifiant le zaïre d’un pays où régnait l’anarchie et son président de « menteur-tyran ».

C’est depuis ce jour qu’une guerre froide érigea domicile entre les banyamulenge et les autochtones qui, précisons le, n’était pas devenu apatride comme certains le disaient, car la constitution rwandaise, leur pays d’origine, reconnait la nationalité rwandaise de sang à tous ses ressortissants où qu’ils soient et ne peut en renoncer ! Argument que c’était basé le Comité Central pour abroger cette loi dont ils ont été bénéficiaire qui était contra legem à la loi sur la nationalité congolaise qui en voulait une et exclusive, et à bien d’autres points aussi.

Violence belliqueuse, opportunisme politique et essence nationaliste

Le pic sera atteint en 1993, lorsqu’avec l’appui du Front Patriotique Rwandais, FPR, de Paul Kagame, les banyamulenge attaqueront la RDC au Sud-Kivu à travers ce qu’ils qualifieront de la révolution banyamulenge avant de sous-traiter certains congolais, politiquement épuisé et inexistant, pour qu’elle se mue à une guerre dite de libération…

Une fois la RDC « conquit », les banyamulenge, fort de leurs assise militaires et politique à travers leurs alliées rwandais surtout et autochtone (M’zee KABILA à la tête) veulent « régner en maître » cette fois-là… Chose que M’zee n’acceptera pas en comprenant que ils étaient sous influence rwandaise et décida de se débarrasser des militaires rwandais.

Chose que les banyamulenge n’accepteront pas à leur tout et repartiront à l’Est pour une autre rébellion jusqu’à l’assassinat de M’zee KABILA, qualifié de nationaliste pour avoir joué sur cette fibre nationaliste qui lui avait très bien réussi, surtout du fait que plusieurs rapports officiels et officieux documentés affirmaient les massacres et pillages de ressources minérales que les banyamulenge étaient auteur ou coauteur avec les rwandais ainsi que ceux attestant les velléités de la création d’une république du Kivu…

Donc, une Balkanisation de la RDC que la majorité de congolais n’est jamais prête d’oublier et du fait qu’aussi, depuis le déclenchement de la révolution banyamulenge, l’Est de la république démocratique du Congo n’est plus en paix et le pays a continué de comptabiliser officiellement plus de 12 millions des morts directs et indirects.

Épris de nationalisme pour certains, chauvinisme pour d’autres, la majorité de congolais ne jure qu’à rayer une fois pour toute de la mémoire collective nationale les banyamulenge comme l’un des leurs en les qualifiant des « rwandais », des « traitres », surtout que certains d’entre eux se réclamant congolais et ayant occupés des grandes fonctions au pays étaient partis travailler au Rwanda comme rwandais.

Tel que NYUMBAHIRE de la banque nationale rwandaise, ancien DGA de l’Union des banques du zaïre. RWIGAMBA, directeur pour le Rwanda de la BCEPGL alors que congolais, ancien DG de la SOFIDE, etc. Et d’autres rwandais, sous couvert et en complicité avec les banyamulenge, se présentent comme congolais pour servir d’intérêts rwandais en RDC : le général Bosco Ntanganda et beaucoup d’autres au sein des services de sécurité.

Cette déclaration de GILBERT NGIJOL, Assistant spécial en 1994 du Représentant spécial du SG de l’ONU au Rwanda en dit assez long pour renforcer la crédulité de ceux là : l’occupation des localités des provinces zaïroises par les banyamulenge n’était pas le fait de hasard. C’était le résultat d’une planification concertée (Sic).

Prime des guerres et malices ?

Les banyamulenge ont planté les prémices des guerres périodiques en RDC qui ont abouti à plusieurs dialogues dont les premiers fut le dialogue inter-congolais à Sun city.

Sous l’égide de la communauté internationale, ce dialogue a eu le mérite de réunifier le pays mais pas sans contrepartie aux banyamulenge : une reconnaissance d’une CONGOLITE d’origine, Une fonction de la vice-présidence de la république et la gestion des plusieurs portefeuilles ministériels important et certaines provinces du pays dont le nord Kivu et sud Kivu. Mais, malgré tout ce butin des guerres, ils ont continuer à se victimiser jusqu’à créer encore des rébellions: trois au total et il y’a une semaine presque, un colonel banyamulenge Michel RUKUNDA MAKANIKA vient de faire défection pour toujours la même rhétorique d’alors.

Article 10 de la constitution de la RDC et la congolité banyamulenge.

Enragée, la majeure partie de congolais n’en veule plus d’attendre parler des banyamulenge comme congolais; surtout d’origine ! malgré que depuis l’Accord global et inclusif de sun city où il leur a été reconnu la nationalité congolaise collective, alors que la constitution congolaise, en son article sus évoqué, libelle comme suit : Est congolais d’origine, toute personne appartenant aux groupes ethniques dont les personnes et le territoire constituaient ce qui est devenu la RDC à l’indépendance.

Et ces congolais disent que malgré cet accord qui a abouti à la mise en place des institutions actuelles d’où émane même l’actuelle constitution, cette déclinaison précise suffit pour renforcer leur thèse sur le non droit de faire bénéficier de la nationalité congolaise d’origine aux banyamulenge ! Car, disent-ils, il n’y a jamais existé au Congo une ethnie NYAMULENGE soit-elle en 1960 et même jamais auparavant. Ce sont des rwandais, à leur majorité qui, du fait qu’ils habitaient une chaine montagneuse appelée nyamulenge, les autochtones s’en servait de référence pour ainsi les qualifier. Et ils en veulent pour preuve qu’aucune trace officielle historique ou documentaire coloniale retrace l’existence d’une ethnie nyamulenge depuis l’AIC (association internationale du Congo) au Congo-belge en passant par l’EIC, l’État indépendant du Congo.

Mais, une évidence tout de même, les banyamulenge sont et vivent bel et bien en RDC depuis plusieurs décennies et tiennent à y demeurer comme des congolais même si leur attachement avec le Rwanda, qu’on le précise aussi, n’est plus à démontrer hélas !

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Billy Kasonga

Natif et habitant de Kinshasa, Diplomé d'études de droit et d'ingénierie en maintenance des matériels médicaux. Jurisconsulte de carrière, Expert aux études et Planification du ministère de la Jeunesse et INC.

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